Les Amis
de
Sainte
Victoire
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Le Prieuré (photo :
Georges Flayols)
Bulletin N° 30
Octobre 2009
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Les Amis de Sainte Victoire
Association Provençale de plein air
Déclarée conforme à la loi du 1er juillet
1901
Sous le n° 2159 le 14 mai 1955
Agréée par le Haut Commissariat à la Jeunesse et aux
Sports
Patronnée par le C.A.F.,
Les sociétés des Excursionnistes Marseillais,
Provençaux et Toulonnais
Lauréate du
concours « Chef-d’œuvre en péril » (1966)
et des
Monuments historiques et des Sites (1967)
-------------------
Le Comité
2009 de l’Association
Marc LEINEKUGEL Roger
LIMACHER Jean-
Liliane SERVOLE Regis SERVOLE
Le Bureau 2009
de l’Association
Président d'honneur :
Président : Henri d’HERBÈS
Vice-Président :
Vice-Président : Marc LEINEKUGEL
Secrétaire Général :
Secrétaire Général Adjoint :
Trésorier : Anne-Marie CAZIN
Trésorier adjoint :
Secrétaire du Comité :
Extrait de nos statuts :
Art. 1 Il est créé à Vauvenargues (Bouches du
Rhône), une Association sous le nom « Les Amis de Sainte Victoire ».
Art. 2 Cette association qui s’intéresse
spécialement à la montagne de Sainte Victoire a pour buts essentiels :
-
de restaurer et entretenir les bâtiments du Prieuré de
Sainte Victoire (XVIIe siècle) situés au sommet Ouest de la montagne, altitude
900 mètres ;
-
d’utiliser le Monastère comme refuge (abri ouvert aux
randonneurs) ;
-
de veiller à l’utilisation exclusive de la chapelle pour
le culte catholique affectataire de celle-ci, selon la loi de séparation de
l’Eglise de 1905 ;
-
d’organiser la célébration des manifestations
traditionnelles pour maintenir le culte de ce « haut lieu » de
Provence ;
-
de faire connaître
-
d’assurer la défense de son site, en accord avec les
propriétaires (communes et particuliers), afin de lui conserver son aspect
initial .
SOMMAIRE
L’ASSEMBLEE GENERALE DU 19 MARS
2009
Un dimanche au PrieurE – 8 MARS
2009
ŒCUMENISME AU PRIEURE – 8 MAI
2009
JOURNEE « REVES » - 9
MAI 2009
montée des Handicapés avec
l’OMS - 17 Mai 2009
inauguration des travaux – 27
Mai 2009
LE PRIEURE EN MUSIQUE - 20 JUIN
2009
La fossE à moitié pleine ou à
moitié vide
POINT SUR
NOS RECHERCHES BIBLIOGRAPHIQUES
La chapelle Venture n’existe
pas ?
IL FAUT SAUVER LE FRERE
GREGOIRE
POETES ET PROSATEURS DE SAINTE
VICTOIRE
La vigie de la croix de
Provence
Chers
Amis,
Le
grand chantier commencé en décembre 2007
s’est terminé le 8 décembre 2008.
N’avoir ainsi mis qu’un an pour effectuer un tel ouvrage sur un site aussi
« hélicrobatique », avec autant d’acteurs différents, mêlant
entreprises et bénévoles, constitue un exploit !
Son
auteur principal, l’architecte Xavier Boutin, nous conte cette aventure humaine
peu courante dans son livret : « La réhabilitation du Prieuré de Sainte
Victoire », aux éditions du Grand Site Sainte-Victoire, que je vous
invite vivement à lire.
Autre
exploit : la promenade géologique dans le massif que nous propose dans nos
fauteuils l’une de nos membres, la photographe Audrey Deleuze, sur le site
internet de l’association. Poésie des roches et des paysages, couleurs,
contrastes des prises de vues, rien n’est plus adapté pour inaugurer la section
de géologie que nous créons dès le mois de septembre sous l’autorité du
Professeur Triat.
En
effet, si monter au Prieuré pour y travailler, s’y recueillir, ou tout
simplement pour y pour goûter la splendeur du lieu représente le cœur de notre
activité, il est important que ceux parmi nous qui n’ont pas ou plus la santé
pour le faire ne se sentent pas exclus pour autant. (NB : le risque de ce
sentiment-là guette de plus en plus tard les Amis de Sainte Victoire :
dans quelques jours nous allons fêter les nombreux octogénaires qui continuent
à monter régulièrement…).
Il faut donc, dans notre association, que l’on
puisse, même «en plaine »,
continuer à se régaler de la beauté de la Montagne Sainte Victoire et à
la servir en disposant d’activités
variées. Ainsi nous nous réjouissons que la géologie rejoigne maintenant
l’histoire du Prieuré dont vous trouverez maints échos parmi les sujets très
variés de la revue que voici. Mais pourquoi pas d’autres champs d’études ?
Botanistes, entomologistes, ornithologues, vous qui arpentez comme nous le
massif, venez nous rejoindre : un potentiel de neuf cents passionnés vous
attend !
A
tous, bonne lecture,
Henri
d’Herbès
L’ASSEMBLEE GENERALE DU 19 MARS 2009
Notre
Assemblée Générale Ordinaire 2009 s’est tenue jeudi 19 Mars dans l’amphithéâtre
de la Verrière à la Cité du Livre d’Aix-en-Provence.
Le
Président Henri d’Herbès a ouvert à 17h30 cette 54 ème édition en souhaitant
tout d’abord la bienvenue aux adhérents présents (plus de 100) ; ensuite
il retraça les importants travaux qui viennent d’être réalisés au Prieuré et
remercia les différents intervenants qui ont permis de réaliser ce
projet ; par ailleurs, il évoqua la réflexion actuelle qui consisterait à
demander à ce que l’association soit déclarée d’utilité publique.
Le
rapport moral et d’activité fut présenté
par
Il
mit en valeur également le travail accompli
par les commissions : archives, histoire et conférences. Enfin il
énuméra les projets à venir (réfection de la calade et du sol de la chapelle,
poursuite du dégagement de la fosse etc...)
Anne-Marie
Cazin, Trésorière, a présenté les comptes de l’année 2008 ainsi que le budget prévisionnel
2009.
Il
fut ensuite procédé à l’élection du nouveau Comité Directeur dont la
composition est reprise en page 2 de la présente brochure.
La séance fut
levée à 18h30 ; tandis que
Après
une présentation du Grand Site Sainte-Victoire par son Directeur, M. Philippe
Maigne, la vidéo conférence qui suivit
se déroula selon trois thèmes :
-
la sécurisation de la brèche et le dégagement de la fosse (animateurs :
Marc
Leinekugel
et
-
la modification et le curage du puits-citerne ainsi que les travaux de
rénovation du Prieuré (animateur : M. Florent Leseaux, journaliste à
France-Bleu-Provence)
-
la suite des fouilles archéologiques et la réhabilitation envisagée du Jardin
des Moines (animateur : Geneviève Boué)
-
la conclusion en revint à
Il
était
Un dimanche au PrieurE – 8 MARS
2009
Malgré
la fraîcheur matinale, c’est par une journée magnifique en ce premier dimanche
de printemps que je me rends au prieuré en compagnie de mon épouse Liliane pour assurer la permanence.
Après
avoir été très secoués dans notre 4X4 sur la piste de moins en moins praticable
des « Venturiers », nous voici arrivés au parking de la côte
710 ! Un petit coup d’œil, avec un peu d’anxiété, pour la voiture qui va
rester là toute la journée (il n’y a pas longtemps, Marc a retrouvé la sienne
avec une vitre cassée).
Le
reste du chemin se fait à pied. En cette heure matinale, nous croisons ou nous
nous faisons dépasser par de vrais sportifs qui parcourent les sentiers
rocailleux en courant. Et voici la jonction avec le chemin
« Imoucha », nous sommes presque arrivés. Je me pose alors la question :
y a-t-il du monde ? Dans quel état sera le refuge ? A-t-il été
saccagé ? Ai-je oublié les clefs, comme cela m’est déjà arrivé ?
Puis,
le porche est en vue avec ses deux statues blanches. Les visiteurs vont encore
me poser des questions à leur sujet. A ce moment, ce n’est pas le son de la
cloche que j’entends, mais le bruit d’un « tam-tam ». Effectivement,
en pénétrant sur l’esplanade, une bande de jeunes assis en cercle avec, à leurs
pieds, « cubi » de vin, canettes de bières et même du champagne. Ils
chantent et tapent du tambour, on se croirait au cirque, car ils ont tendu une
corde entre deux cèdres et certains d’entre eux s’entraînent à jouer les
équilibristes !
Après
avoir ouvert notre local, j’entreprends la tournée d’inspection en saluant
gentiment tout ce petit monde et en leur rappelant les principes de
savoir-vivre, c’est-à-dire laisser les lieux propres, redescendre les ordures
et respecter le calme de ces lieux.
Quelle
saleté et quel désordre dans le refuge ! Le sol est souillé par une
bouteille renversée ! Et dire que ce local a été complètement refait
récemment ! Quel spectacle !
Je
continue ma tournée. En arrivant près de l’escalier de la cave, une odeur
d’urine me monte au nez. Je retourne alors vers ces jeunes pour leur dire, sur
un autre ton, ce que je pense d’eux. Mais ils ont l’air de s’en moquer
complètement. Je crois que le mot respect ne fait pas partie de leur
vocabulaire, quant au mot BEAUTE, ils n’en connaissent pas
Je
rejoins mon épouse qui a préparé le café.
Ca va mieux, la tension est tombée. Mais être
membre actif de notre association implique d’avoir foi et abnégation.
Après
avoir réamorcé la pompe à eau mise hors gel et allumé le feu dans la cheminée
de notre local, (Liliane a toujours froid !), je vais vers le local W.C.
pour le nettoyer. De son côté, Liliane, ramasse les papiers qui jonchent le sol
de l’esplanade.
L’heure
avance, il est temps de préparer la chapelle : dresser l’autel, balayer,
enlever la poussière des bancs car, aujourd’hui, Monseigneur Christophe Dufour,
évêque coadjuteur du diocèse d’Aix et d’Arles, doit venir célébrer
l’eucharistie, accompagné d’une soixantaine de jeunes. Le temps passe, les
promeneurs sont de plus en plus nombreux. Notre ami Yves accompagne un groupe
d’Excursionnistes provençaux et leur donne des explications sur l’histoire du
lieu.
Puis, c’est le
groupe accompagnant Monseigneur Dufour qui arrive après une longue marche entrecoupée
de prières et de méditations. La chapelle se remplit vite. La messe, très
belle, est célébrée par Monseigneur Dufour et concélébrée par deux jeunes
prêtres du diocèse. Recueillement,
ferveur et chants ont accompagné cet office. Après avoir donné sa bénédiction,
Mgr Dufour remercie notre association en quelques mots.
Puis,
ce fut le repas tiré du sac pris en commun sur l’esplanade et le traditionnel
café offert par Liliane. Arrive pour moi le moment de raconter l’histoire du
Prieuré ce qui, je pense, a été apprécié
par l’auditoire, l’accueil et l’information des visiteurs faisant partie des
objectifs de notre association.
Au
moment de partir, Mgr Dufour écrit quelques mots de remerciements sur le cahier
de permanence.
Il
est bientôt dix-sept heures, les visiteurs se font de moins en moins nombreux.
Un jeune garçon joue avec la pompe à eau de
Aujourd’hui,
il y a eu une énorme fréquentation. Et malgré l’heure tardive, nous croisons
encore certains promeneurs. Et voilà la côte 710 où nous attend notre 4X4. Un
bruit de moteur se fait entendre : c’est
Arrivés
à la maison, nous sommes heureux de nous être rendus utiles, d’avoir la chance
de pouvoir gravir la montagne pour atteindre ce lieu merveilleux et de vous
faire partager la joie de cette journée.
Régis
Servole
Cette année
notre traditionnel pèlerinage a connu une mésaventure à laquelle
l’ancienne « Santo Venturi » ne nous avait pas habitués. Il
faut reconnaître que, de mémoire d’Amis de Sainte Victoire, nous avons rarement
été « bloqués » comme cette année-là ! Déjà, l’an dernier les travaux en cours nous
avaient privés de notre Fête
traditionnelle là haut !…Nous étions d’autant plus excités par la perspective
de reprendre le cours de nos traditions, le dernier dimanche d’avril. Tout au
moins, c’est ce que nous raconte l’histoire de ce fameux pèlerinage instauré
par les insatiables pèlerins qu’étaient les
Pertuisiens dés 1546.
La fête de Santo Venturi figurait, sur certains
bréviaires du 16éme siècle, le 24 avril. C’était alors toute une expédition
préparée de longue date avec la bienveillante participation de tous et bien
entendu des seigneurs de Pertuis, Meyrargues et Vauvenargues. Les villageois partaient
alors en expédition avec force nourriture, mulets, guides, prêtres etc… Après
avoir payé le passeur de la Durance, ils faisaient halte et dévotions à
Meyrargues, accueillis par les volées des cloches de la ville, les galoubets et
tambourins. De là ils repartaient, empruntant un sentier de la vallée qui les
conduisait à la ferme de la Campane, puis par le vallon des « roumi »
(du provençal roumieu : pèlerin) ils atteignaient la
route d’Aix à Vauvenargues à hauteur des Bourgarels. Une fois arrivés à
Vauvenargues, et après les prières à
l’église, ils entamaient l’ascension par la ferme des Cabassols. A chaque
halte, d’autres pèlerins s’ajoutaient aux précédents de telle sorte qu’arrivés
aux Cabassols, c’est une foule nombreuse qui se lançait à l’assaut de la
Montagne en chantant et priant. Imaginez cette procession hétéroclite se
glisser dans les plis sinueux du versant nord et froid de notre montagne.
Ecoutez le raclement de leurs sabots de bois hésitant dans le chemin encombré
de grosses pierres contrastant avec le pas assuré des mulets renâclant. Ils
arrivaient tard le soir où un grand feu les attendait auquel répondait le même
feu brûlant dans la vallée à Pertuis.
Il semblerait qu’une confrérie prospère dite
« confrérie de Sainte Victoire » s’était établie à Pertuis. Celle-ci
élisait chaque année son prieur, choisi parmi les notables civils ou
religieux. Grâce au « Livre des confréries de Sainte Victoire »,
dont on a un premier document daté de 1652 (Bibliothèque Municipale d’Avignon)
nous savons que le pèlerinage a duré jusqu’en 1853… Une des preuves de son importance réside sur
les états des fournitures achetées : on a relevé, entre autres, 550 gâteaux
en 1652 et 750 en 1655…auxquels il faut rajouter les viandes, vins, eaux de
vie, frais de musiciens et dons aux plus pauvres ! (cf. « Le
pèlerinage à Sainte Victoire » de
J. M. Marcily). C’est dire l’importance que pouvait représenter une
telle manifestation où des centaines de pèlerins partaient pour plusieurs
jours, parfois avec femmes et enfants. Leur ferveur était grande, ils montaient
également pour faire dévotion pour eux-même et porter des vœux pour ceux qui ne
pouvaient se déplacer. La matérialisation de ces vœux se faisait notamment sous
la forme de galets de la Durance enfouis dans leur bardas et pieusement déposés
sur l’esplanade de telle sorte que les religieux en ont fait un
« tapis » de calade de couleur grise face au Prieuré, très visible
encore aujourd’hui et que nous devons rénover. Si nous estimons que le premier
pèlerinage date de la fin du 15 éme siècle et qu’il cessa au 19éme, c’est donc
4 siècles durant que la tradition s’est maintenue, avec quelques interruptions.
C’est ainsi, brièvement résumé, ce que nous apprend le « Livre des
confréries de Sainte Victoire ».
Pour revenir à notre Roumavagi de 2009, on n’y voyait
goutte et c’est dans une purée de bonne montagne et sous une pluie fournie
qu’un petit cercle de passionnés s’est retrouvé au petit matin pour faire
l’ascension prévue et tant attendue. Je passe les hésitations bien pardonnables
pour savoir si, ce matin-là, voyant la météo, nous allions peut être
reporter « lou Roumavagi ». Eh
non ! Un pèlerinage n’attend pas, il « Est ». Et nous avons donc
décidé « d’être » également contre vents et pluie.
Nous
voilà donc au prieuré, trempés jusqu’aux os, enveloppés d’un épais brouillard
donnant à ce lieu aux bruits ouatés et à
la lumière laiteuse un aspect mystérieux.
L’accueil
chaleureux de
Bien entendu, point ou très peu de randonneurs et
autres excursionnistes, à l’excep- tion de tous nos amis du GRIMP au grand
complet et de nos amis du Grand Site. Que ça nous a fait chaud au cœur de les
voir ! En tout, nous pouvions compter une quarantaine de pèlerins, pas
mal ! Nous décidons que si, ce jour-là, n’a pas mérité une messe, il méritait tout au moins
une célébration communautaire et
œcuménique. Alors que la pluie et les
bourrasques sévissaient encore, tous se regroupent dans la chapelle autour de
Nous
avons alors dressé une table dans notre refuge pour prendre le repas en commun. Grand moment de partage, de rappel de bons
souvenirs, de chaleur…bref nous étions une fois de plus dans ce lieu magique,
un jour où Sainte Victoire nous a encore mis à l’épreuve. Nous pensions à vous tous qui n’aviez pas pu
monter et étions pleinement heureux. Voilà ce qu’on peut dire de ce drôle
de « Roumavagi » 2009 !
ŒCUMENISME AU PRIEURE – 8 MAI 2009
Notre
association , à son origine au printemps 1955, résulta d’un double acte de
foi de son fondateur Henri Imoucha :
- acte de foi dans la pérennité du
travail humain
- acte de foi chrétienne pour
« refaire de cette chapelle profanée un sanctuaire »
C’est
ainsi que cette chapelle redevient un lieu de pèlerinage et de recueillement, à
l’image des monastères ; les autres bâtiments, partiellement restaurés,
deviennent des lieux d’accueil et d’abri.
Les
Amis de Sainte Victoire, association loi 1901, comptent plus de 700 membres.
Qui sont-ils ? Croyants ou agnostiques ; croyants, ils sont
Protestants, Orthodoxes, Catholiques, Juifs...
La
foi toujours vivante évolue en fonction des interrogations, des réflexions, des
expériences. Depuis presque un siècle, les chrétiens ont cherché à dialoguer, à
réfléchir ensemble, ce qui s’est exprimé par exemple dans la réalité de Taizé.
Le
site, quand les Amis de Sainte Victoire y travaillent, devient un lieu de rassemblement
propre à ces réflexions. C’est ainsi que dans quelques esprits naît l’idée d’une
réunion œcuménique qui fut d’abord discutée en Commission cultuelle. Elle est
acceptée avec enthousiasme. Les contacts sont pris avec les ministres protestants,
orthodoxes et catholiques.
Après
un temps de réflexion, l’accueil est vif et chaleureux partout. Le pasteur
monsieur Pivot du temple de la rue de Villars, nous suggère la date du 8 Mai.
Les
affiches et les tracts sont distribués dans tous les lieux de culte.
Finalement, à 11h, ce jour-là, une petite foule est réunie dans notre chapelle.
Le thème de la méditation est : « notre foi et la montagne ».
Après chaque intervention, les prières proposées sont chantées. Monsieur J.P.
Bourguet, représentant des protestants, lit trois versets de la Bible :
Moïse sur l’Oreb, Moïse au Sinaï, Transfiguration de Jésus sur la montagne en
compagnie des « vivants » Elie et Moïse.
Le
père Zuba, pour les Orthodoxes roumains, nous parle du Golgotha de la passion
du Christ, source de vie.
Le
père Bourgeois, pour les catholiques, nous rappelle le prophète Elie et les prophètes
de Baal sur le mont Carmel et nous entraîne dans la réforme des Carmélites par
Sainte Thérèse d’Avila et Saint Jean de la Croix en citant deux de ses poèmes
du XVIème siècle.
Après
un « Notre Père » fervent, nous nous réunissons autour d’un apéritif
offert par les Amis de Sainte Victoire.
Le
repas tiré du sac est partagé par petits groupes. La visite du site, les
travaux récents, les fouilles
archéologiques montrent que son histoire est solidement ancrée dans les siècles
de Christianisme. A nouveau un « Notre Père » et un chant, puis tout
le monde ressent profondément cette unité
tant souhaitée et si difficile à réaliser.
Cette
journée a attiré à Sainte Victoire et dans notre Prieuré de nombreuses personnes
qui ne connaissaient pas notre histoire, notre travail et qui souhaitent vivement
se retrouver le samedi 8 Mai 2010.
Louis
Cochet
JOURNEE « REVES » - 9 MAI 2009
L’association REVES, parrainée par Patrick Chêne et
Vanessa Paradis, a été créée en 1994. Son but est d’apporter un brin de magie et
une lueur d’espoir dans l’univers des enfants atteints d’une maladie à
diagnostic réservé. Cette association comprend actuellement 600 adhérents et 33
représentations départementales.
Le 9 Mai 2009, l’antenne locale d’Aix en Provence a
décidé de faire gravir notre montagne Sainte Victoire par toutes les bonnes
volontés possibles et d’en redescendre avec un tableau peint sur place par
chaque participant et mis en vente à l’arrivée. Le rendez-vous avait été fixé à
9h au barrage de Bimont. Pour que ce challenge se passe au mieux, plusieurs réunions
de préparation ont été nécessaires entre l’association « REVES », la mairie
de Saint Marc Jaumegarde, le Grand Site Sainte Victoire et de nombreuses
associations dont les Amis de Sainte Victoire. Nous avons en effet décidé
d’accueillir tous les participants au Prieuré.
Le jour J, je
me suis installé, avec mon chevalet au barrage de Bimont et le courageux Louis
reprenait son bâton de pèlerin pour accueillir les « rêveurs » au
Prieuré.
Environ 150 personnes, jeunes et moins jeunes, ont
pointé au barrage. Moyennant 5 euros, l’organisation fournissait un petit
tableau, un pinceau, de la peinture acrylique, un T-shirt et une casquette d’un
sponsor. Alors tout les participants se sont éparpillés dans la montagne; les
plus fragiles sont restés autour de Bimont, d’autres n’ont marché que quelques
minutes et le reste est arrivé « en haut » : magique !
Vers 17 heures, tout le monde se rassemble au barrage
et chacun choisit le tableau qui lui plaît en proposant un prix à la hauteur de
son plaisir et de ses moyens. Bien sûr, de petits tableaux amoureusement
gribouillés par les enfants sont un peu restés orphelins, mais on peut faire
confiance à Hélène, la cheville ouvrière de la manifestation, pour leur trouver
un amateur !
L’association « Rêves » a ainsi récupéré des
fonds qui financeront deux rêves dont un
consiste à organiser une rencontre avec Christophe Mahe.
Jean-Paul Michel
montée des Handicapés avec
l’OMS - 17 Mai 2009
Il est 6 heures du matin, en ce dimanche de mai ;
l’air est frais et embaumé et les rayons du soleil commencent à illuminer l’est
d’Aix-en-Provence où
Cette année encore une grande chaîne de solidarité
s’est formée pour que des personnes handicapées aient le plaisir de venir
passer une journée au sommet de Sainte Victoire. Le départ s’organise au
parking des Cabassols et l’ascension s’effectue
par l’itinéraire du Chemin des Venturiers.
Cette piste permet aux véhicules tout terrain de
monter plusieurs personnes handicapées jusqu’à la côte 710.
Plusieurs 4x4, appartenant à des bénévoles de notre
association, se sont joints aux véhicules des pompiers. Ensuite, ces personnes
handicapées sont transportées par le
sentier jusqu’au Prieuré.
Pour chaque brancard, il faut compter huit porteurs,
la montée va durer plusieurs heures !
C’est grâce à
l’OMS (Office Municipal des Sports), partenaire idéal pour cette manifestation,
qui a su mobiliser parmi les nombreuses associations qu’elle fédère les bras
nécessaires pour cet événement, que cette journée peut se réaliser. Mais grâce aussi
aux élèves du Lycée Militaire, aux Chiens Guide d’Aveugle, aux pompiers, aux
bénévoles de
Les porteurs sont fatigués et ruissellent de sueur
mais sont contents d’avoir pu faire partager ce moment à ces handicapés. Notre
association accueille alors cette caravane de la solidarité.
Place alors à la convivialité, verre de l’amitié, pique-nique tiré du sac ….
Et après que tout ce monde se soit rassasié et reposé,
moment fort de cette journée, notre ami
Mais bien vite il va falloir penser à redescendre car
si la montée a été rude, le retour n’est guère plus facile ! Et c’est en
regardant le sourire du fils de notre ami Jo Torchio, initiateur de cette
journée magnifique, que les efforts de tous les participants sont largement
récompensés et que nous nous quittons après le goûter servi à l’arrivée, en
souhaitant nous revoir encore là haut l’année prochaine !
Liliane Servole
inauguration des travaux – 27 Mai 2009
Le mercredi 27 mai 2009, en présence d’une belle
assemblée réunie au Prieuré, a eu lieu l’inauguration des travaux. Ceux-ci
feront date dans l’Histoire du Prieuré en raison de leur nature et de leur
importance! Grâce à eux, le XXIème siècle est gravé en ces lieux bâtis au XVIIème!
Par ailleurs, cette réhabilitation est le fruit de synergies rares qui doivent
être saluées! En effet, ont collaboré plusieurs entités de statuts
différents : une association de bénévoles, un syndicat mixte
départemental, une commune et plusieurs entreprises privées! Les trois
premières étaient liées par une convention de partenariat. Qui sont
respectivement ces protagonistes? L’association : Les Amis de
Sainte-Victoire, propriétaire et gestionnaire des lieux. Le syndicat du Grand
Site Sainte-Victoire, responsable de la mise en valeur et de la protection du
milieu naturel et culturel du massif du même nom. La commune: Vauvenargues qui abrite le Prieuré sur son
territoire. Enfin, les entreprises : Amak, Astragale, ETCB, Helitec, Indelec, Piquet,
Sele et 3D Incrust ont contribué au bel ouvrage qui projette le Prieuré dans le
futur.
Cette manifestation s’est déroulée en présence de Henri
d’Herbès, Président de l’association, André Guinde, vice-président du Conseil
Général des Bouches du Rhône et Président du Grand Site, Philippe Charrin,
maire de Vauvenargues et
Lors de cette réunion, plusieurs responsables ont pris
- « Je suis fier du travail réalisé par les Amis
de Sainte-Victoire!» (Henri d’Herbes),
- « Les bénévoles ont manifesté beaucoup de bonne
volonté et versé énormément de sueur, un grand bravo à eux! Le montant des
travaux aurait été vraisemblablement doublé sans leur colossal travail! »
(André Guinde),
- « Les Amis de Sainte-Victoire comptent beaucoup
pour Vauvenargues! C’est une association organisée et sérieuse! » (Philippe
Charrin),
- « Aujourd’hui est un jour émouvant pour le
Prieuré de l’impossible! Lieu historique qui continue à être vivant et habité
grâce aux Amis de Sainte-Victoire! Les bénévoles ont donné plus que le possible!
Les travaux ont été une magnifique aventure humaine qui a permis de faire basculer
ce lieu dans l’avenir! (Xavier Boutin, architecte maître d’oeuvre ).
De tels propos témoignent que l’esprit de bâtisseur
d’Henri Imoucha, des pionniers de la première heure et de nos grands anciens,
souffle toujours sur le Prieuré! En d’autres termes, notre association
conserve, après plus de cinquante ans d’existence, sa capacité à se mobiliser
pour atteindre les objectifs les plus ambitieux!
Dans le prolongement de ces différentes interventions,
évaluons, de manière plus précise, de quoi il s’agit.
Tout d’abord, quarante quatre pour cent du
montant total des travaux ont été financés par notre association : une
partie est issue de la valorisation du travail des bénévoles, l’autre partie provient
de subventions accordées par le Conseil Régional, le Conseil Général, la
Communauté du Pays d’Aix, la DIREN et une réserve parlementaire locale. Les 56%
restants ont été financés par notre partenaire Le Grand Site Sainte Victoire.
Les heures valorisées représentent les travaux
afférents à la fosse, au monastère-refuge, à la citerne, au mur nord, à la
tranchée pour la protection contre la foudre et aux diverses manutentions des
matériels et matériaux qui ont nécessité, de la part des bénévoles, environ
5000 heures de travail effectif sur le site!…
Pour ces mêmes travaux, c’est aux alentours de
Nous sommes donc fiers de ce partenariat exemplaire!
Tous les promoteurs de ce projet sont à féliciter pour leur évidente
clairvoyance dans ce qu’il fallait bâtir, aujourd’hui, pour que le futur soit
encore plus enthousiasmant! Tous les responsables qui ont conduit les travaux
in situ sont à remercier vivement!
Ces éléments chiffrés, mettant en exergue le
formidable labeur des bénévoles, ont pour but de porter à la connaissance de tous des
informations qui rendent un hommage éclairé à leur travail!
Enfin, je n’ai rejoint l’association que récemment. De
fait, ma part est très modeste dans l’opération dont nous parlons. Néanmoins,
j’ai eu le temps d’apprécier l’extraordinaire implication de mes Amis dans
cette entreprise! Aussi, ce statut me donne, heureusement, la légitimité qui
s’impose pour parler de cette très belle performance. Autrement, connaissant
leur grande modestie et pudeur, jamais ils n’en feraient état ! En effet,
ce qui les anime n’est pas de l’ordre de l’ostentatoire mais du spirituel, de
l’intime et de
LE PRIEURE EN MUSIQUE - 20 JUIN 2009
20 JUIN 2009 … Cette date, nous en parlions depuis longtemps chez les
« Amis de Sainte-Victoire ». C’était pour nous une date importante,
mais nous ne savions pas que cette journée serait exceptionnelle et
inoubliable.
Après une
préparation des lieux qui a nécessité la mobilisation de beaucoup de membres de
l’association, le jour « J » est arrivé.
Oh, nous avions
bien pensé que la pluie risquerait de ternir cet évènement, mais nous n’avions
pas compté sur la présence de notre invité surprise, Monsieur Mistral, qui nous
a fait l’ « amitié » d’assister à cette rencontre.
En début
d’après-midi, François-René Duchâble (7 fois vainqueur des victoires de la
musique), Clara Kastler et
En parlant de visiteurs surprise, nous avons
eu le plaisir, pour les grands et les petits, de voir arriver un couple de
lamas (de l’Association Aix-en-lama), habitués du Prieuré. L’un d’eux s’est
livré, avec François-René Duchâble, à un subtil jeu de cache-cache et ils nous
ont interprété un « Concerto pour virtuose et lama » qui a beaucoup
amusé une assistance très nombreuse, malgré le froid.
Vers 18 h
est arrivée la flamme dans une lampe-tempête qui, de plus en raison du mauvais
temps, est partie de la côte 710 et a été allumée devant le porche.
A 18 h
Même certains de
nos amis, pas du tout mélomanes (oui, oui j’en connais !) n’avaient pas assez
de mots pour décrire ce qu’ils ressentaient.
A 20 h, un
tonnerre d’applaudissements, pour ceux
qui venaient de nous donner tant de bonheur, a mis fin au concert.
Après un
pique-nique sorti du sac, écourté par une « température bien en-dessous
des moyennes saisonnières », nous avons pu apprécier la prestation de la
Chorale du Lycée Militaire d’Aix-en-Provence. Magnifique, toujours fidèle à la
beauté de son interprétation, elle nous a offert divers chants militaires et a
fini, avec l’aide de la Chorale d’Eguilles, par la « Coupo Santo » et
une « Madelon » reprise en chœur, danse à l’appui, par tout le
public.
Après la
bénédiction de la flamme, par le Père Bois, les « chanceux » qui ont
pu rester ont eu droit, dans la chapelle, à un « concert privé » que
François-René Duchâble a eu la gentillesse de leur offrir.
J’ai entendu
dire, par « indiscrétion », que nos trois virtuoses étaient prêts à
renouveler cette merveilleuse expérience. J’ai envie de leur dire à
l’année prochaine !!
Venez nous
ravir, nous enchanter à nouveau et nous redonner du bonheur.
Geneviève Boué
Extrait d’un message reçu par email :
« J'écris ce petit mot
pour remercier toutes les personnes qui ont œuvré pour qu'ait lieu la soirée du
20 juin 2009 au prieuré de Ste Victoire .
D'abord tous les bénévoles
de l'association qui ont réalisé l'installation, le transport du matériel, l'accueil, les
éclairages.
Et toutes les personnes qui,
malgré le vent et le froid, sont grimpés là haut et ont assisté au
spectacle.
Bravo aux jeunes choristes
de l'école militaire, qui malgré le froid et leur « tenue légère »,
ont parfaitement chanté leur répertoire.
Et, les tourneurs de page
qui eux aussi ont fait front à la météo hostile.
Et bien sûr les pianistes :
j'ai du mal à trouver les mots pour leur exprimer mon admiration et mon
respect. Quelle leçon
de générosité et de partage de la part de ces concertistes d'une telle
valeur que d'amener la musique, et quelle musique !, dans ce lieu d' une
telle beauté, peu habitué à ce genre de manifestation . Ces virtuoses, par leur
simplicité et leur talent, ont démontré leur amour de la musique, de la nature
et des gens. Malgré le froid, ils nous ont fait partager leur passion.
Cette soirée restera pour
moi inoubliable et fera partie des évènements auxquels on est fier d'avoir
participé.
Encore merci à tous et
pourquoi pas à l'année prochaine. »
Françoise
Bien qu’il n’ait pas changé
fondamentalement d’aspect, puisque les bâtiments et la grande esplanade ont
conservé l’apparence qu’ils avaient depuis le XVII ème siècle, le Prieuré vient de connaître une évolution
notable par la réalisation des travaux de mise en valeur, de recherches
archéologiques et de sécurisation qui ont été effectués depuis deux ans.
Ces travaux étaient devenus indispensables
pour mieux faire apprécier ce site historique par les visiteurs toujours plus
nombreux et pour respecter les normes modernes de sécurité liées à cette grande
fréquentation.
Pour réaliser cet objectif, le travail qui
a été effectué grâce à la convention de partenariat passée entre notre Association et le Grand
Site Sainte Victoire fut un modèle du genre,
les tâches ayant été réparties judicieusement et efficacement, sous la
responsabilité de l’architecte, entre les bénévoles de l’Association (chacun
contribuant selon ses possibilités) et les entreprises spécialisées, puisque l’ensemble des travaux a été réalisé
dans les délais prévus et dans le respect des devis. Ainsi, grâce à cette
excellente cohabitation, le site a pu être
rendu accessible au public à la fin de l’année 2008.
_fichiers/image021.jpg)
Ceci est d’autant plus remarquable qu’il n’était
pas évident, au départ, de faire travailler ensemble des équipes de bénévoles
non rémunérés et les employés des entreprises spécialisées de
Ces travaux de mise en valeur et de
sécurisation ont d’abord porté essentiellement sur la refonte totale de
l’intérieur du monastère. Aujourd’hui, ce refuge propre, accueillant et sécurisé, fait
l’admiration des visiteurs qui utilisent ces nouveaux aménagements. L’heureuse
« cohabitation » entre le bois et l’acier de l’ameublement confère à
l’ensemble une harmonieuse modernité. A cela s’ajoute la nouvelle clarté
obtenue par la réouverture des quatre
portes qui donnaient autrefois accès à
la galerie du cloître et qui avaient été
obturées. Grâce au verre translucide dont elles sont équipées, ces nouvelles
portes offrent un meilleur éclairage au refuge et contribuent ainsi à améliorer
la convivialité.
Cependant, compte tenu de l’important
volume de ce refuge, il n’était pas question, pour des raisons d’économie et de
sécurité, de l’équiper d’une cheminée
capable de le chauffer entièrement. Un choix délibéré a donc été fait :
celui d’installer une cheminée de capacité modeste, mais capable de créer un
point convivial autour duquel les randonneurs aimeront se réunir. N’en déplaise
à quelques grincheux, ce bâtiment doit être considéré avant tout comme un
refuge de montagne et non comme une résidence secondaire.
_fichiers/image023.jpg)
Si cet ancien monastère a conservé sa silhouette
d’autrefois, par contre la brèche et la fosse ont vu leur aspect sensiblement
modifié. D’abord, par la construction
d’un parapet bordant la brèche, rappelant celui qui existait au XVII ème
siècle et qui avait disparu. Cette reconstruction était devenue indispensable
du point de vue sécurité. Ce parapet formant balcon, est
très apprécié par les visiteurs désireux d’admirer sans danger le panorama
qui s’offre à leurs yeux.
L’autre élément qui a modifié l’aspect du
site est la présence d’une passerelle de
Après complet dégagement de cette fosse réalisé
en 2008, on peut apercevoir maintenant les marches conduisant de l’esplanade à
la grotte située au fond,à une quinzaine de mètres plus bas ainsi que le mur comportant une
ouverture à arcade qui soutenait l’ancienne terrasse. Celle-ci a
malheureusement aujourd’hui disparu du fait de son effondrement. Sur le côté
gauche de la fosse, une autre passerelle conduit de la brèche au logis
« Elzéar ». Bien que ces passerelles aient été réalisées de façon
moderne en acier galvanisé avec rambardes de protection, elles s’intègrent bien dans le paysage, le
« mélange des genres » ayant, là aussi, fait l’objet d’un choix
délibéré pour des raisons d’économie et surtout de résistance compte tenu de
leur grande portée. L’emploi du bois ou d’arcades en pierre n’était pas
envisageable.
Un escalier avait été construit au XVII ème siècle pour
descendre de l’esplanade. Lui aussi avait disparu sous des décombres et après son dégagement, il a été protégé par
un caillebotis métallique qui en
interdit l’accès au public, mais qui permet de l’apercevoir. Il se situe dans
le prolongement de la passerelle.
Un muret en pierre, identique au parapet de la brèche, a remplacé la barrière métallique qui
séparait l’esplanade de la fosse.
Enfin, l’édicule surplombant la citerne était en
mauvais état. Après curage complet de celle-ci, il a été entièrement refait. Un
anneau plat en pierre taillée le ceinture au sol, rappelant ainsi la
configuration qu’avait autrefois cette citerne. La hauteur de l’édicule,
volontairement limitée à
L’esplanade avait été autrefois recouverte d’une
calade en pierre. Très dégradée au fil du temps, ce n’était plus qu’une juxtaposition
de bosses et de creux très inesthétiques.
Cette réfection, entièrement réalisée pas des bénévoles spécialement
formés à ce travail délicat, contribue à
la mise en valeur du site.
Autre aspect qui a été modifié :
Dans un lieu aussi fréquenté que le Prieuré, il est
indispensable de tenir compte des impératifs de salubrité et d’hygiène. C’est
pourquoi les W.C. réalisés il y a quelques années assez sommairement, étaient devenus
insuffisants. Ils seront reconstruits selon une technique largement éprouvée en
montagne, dite à « lombricompostage » qui consiste à faire digérer
les matières par des vers lombrics qui les restituent sous forme de compost.
Ces W.C. seront installés dans une cabine spécialement conçue, en contrebas de
la chapelle sur le versant nord et à demi enterrée, qui ne déparera pas le
paysage.
Les Amis de Sainte Victoire, qui ont contribué de
façon importante à ce programme de mise en valeur, sont heureux de pouvoirs
offrir aux nombreux visiteurs, un site propre, accueillant et sécurisé.
Jean Cathala
Voici, pris sur le vif, quelques
échanges sur internet entre membres de l’association, lors des vœux du 1er
janvier 2009 :
- « Pour les siècles à venir, les travaux
réalisés lors du dernier plan feront certainement date dans l'histoire du Prieuré! Et cela, grâce à votre
enthousiasme, à votre courage et votre esprit d'entreprise. Il a dû en falloir
du temps, de l'énergie et de l'opiniâtreté pour monter et réaliser un tel
projet ! Même si plusieurs acteurs institutionnels sont à remercier, la genèse
de cette aventure revient aux « Amis de Sainte Victoire''. Sans eux, rien
n'eût été possible! Aussi gloire à vous !
Merci à vous de m'avoir si chaleureusement accueilli au Prieuré où camaraderie,
partage, convivialité, bonne humeur, humour, esprit d'équipe et amour du
travail bien fait font loi. Vous côtoyer en ce haut lieu de Provence est un
vrai plaisir non seulement parce que le site est grandiose, mais aussi parce
que les bâtisseïres sont des individus de qualité.»
- « Merci pour tes propos. Sache que de notre
côté, nous les "anciens", avons beaucoup apprécié la venue d'un
groupe de "jeunes retraités" qui se sont montrés aussi sympas
qu'enthousiastes et nul doute qu'ils sauront remplacer ceux qui
commencent à prendre de l'âge. Sans votre participation, les travaux
n'auraient pas eu l'ampleur qu'ils ont eue. Saluons donc ce renouveau qui
augure bien d'un avenir qui s'annonce encore plein de projets.»
- « Tu as bien
su, en peu de mots, résumer cette passion qui nous lie et nous rend heureux
alors que nous arrivons de tous les horizons.
Il y a au Prieuré un esprit,
un charme, une flamme qui fait que s'y retrouvent les hommes et les femmes unis
dans l'effort, leur besoin de bien faire est clair. Oui, cette année a été
celle du courage, de l'enthousiasme et de l'opiniâtreté, malgré nos âges. En un
an nous avons franchi ensemble un siècle, pour, oh bonheur! enfin y trouver la
lumière.
Merci donc à tous,
merci pour cette amitié que l'on partage, les jeudis où nous oublions tout pour
l'oeuvre commune. Merci à ceux qui ne peuvent pas toujours nous rejoindre. On
ne les oublie pas pour autant ! »
- « Ce
message montre combien est apprécié la convivialité et la solidarité
que tous les Amis ont su perpétuer
durant l'année écoulée, malgré la pression permanente due aux travaux du prieuré que nous avons
tous menés à bonne fin; mais il y en a encore !
Que 2009 nous amène
toujours plus d'amitié et de solidarité dans nos réalisations »
- « Je ne sais plus que
dire après tous ces messages !
Juste, que vous comptez tous
beaucoup pour moi, que j’ai trouvé au Prieuré de véritables Amis, chacun avec
sa personnalité, mais tous unis dans un même élan de cœur.
Nous écrivons tous ensemble,
une page de l’histoire du Prieuré et je suis fière d’être à vos côtés.
C’est Gilles Baudry qui a
écrit : « Les rencontres sont multiples et diverses, mais dans celles
qui sont rares et authentiques, il y a un accord trouvé avec soi-même. ».
Je trouve que ça nous va bien !
J’espère qu’il y aura encore
beaucoup d’autres jeudis, pleins de rires et de bonne humeur. »
- « Oui, c’est une chance pour chacun de pouvoir
s’exprimer et de se réaliser à l’intérieur d’un groupe comme les batisseïres,
tous animés d’une même foi à déplacer des montagnes ! Le résultat est
là : une nouvelle page de l’Histoire du prieuré vient d’être signée par
cette équipe, remplissant pleinement les deux objectifs que nous nous étions
fixés, à savoir améliorer l’accueil et
assurer une meilleure sécurité des
visiteurs et le troisième : mettre
en valeur le passé médiéval du site est en cours de réalisation!
L’architecte a su insuffler une vision d’ensemble moderniste, résolument du 21ème
siècle, mais qui se marie bien avec le passé. Bien sûr, le changement est
toujours mal perçu par ceux dont on bouscule les habitudes….mais faisons le
bilan des aspects positifs (convivialité du refuge, sécurité de la brèche,
vision de la fosse et des vestiges sous le local d’Elzeard.) par rapport aux
aspects négatifs (importance de la passerelle en métal…) : et là, pour
chacun d’entre nous, la balance penche du bon côté ! (Il eut été illusoire
de penser que des critiques ne puissent naître sur tel ou tel point !)
Reportons-nous 50 ans en arrière et essayons
d’imaginer les « puristes » qui ont vu s’installer une toiture
métallique sur la chapelle et le monastère.
Et pourtant, qui oserait, aujourd’hui, remettre ce
choix en cause ?
Ici, comme en d’autres lieux, les passions conservatrices
s’estomperont, mais nous pouvons déjà être fiers d’avoir été au cœur de ce
projet qui marquera le site pour les décades à venir ! »
- « C'est juste...ce nouveau chapitre de notre
histoire est très important. Qui aurait même envisagé pareils aménagements il y
a 50 ans ? La notoriété de notre association a favorisé ce progrès...et cette
notoriété nous la devons à nos anciens qui ont toujours prouvé que le travail
réalisé était fait sérieusement. Je pense à A. Lagier, à H.Imoucha, à
P.Jourdan, à Y. Lagier, à tous ceux qui, avec ténacité, avec discrétion, ont
oeuvré pour l'accueil, pour l'entretien, pour les travaux.
Nous recueillons en quelque sorte le fruit de leur
action, c'est formidable.
Exact, beaucoup, à l'époque, critiquaient les tôles de
couverture. ...Vous imaginez le travail si nous avions mis des tuiles ! Avec
tous les c... qui se seraient amusés à les casser, ce serait devenu un chantier
permanent ! Et ce fut avec l'accord des Monuments Historiques. Donc continuons
...en gardant cet esprit d'accueil et de convivialité, de ténacité. C'est notre
force... »
- « Je suis heureux de constater que la foi
qui transporte les montagnes n'a pas du tout faibli au Prieuré et même s'est
renforcée par la venue de nouveaux bâtisseires »
« Dès lors qu'il y a changement, oui, la polémique enfle, quel que soit le
domaine, entre les tenants de la modernité et ceux du conservatisme. Mais
généralement, celle-ci s'estompe avec le temps et finit par ... tomber aux
oubliettes !... D'une part, la résistance au changement est
quasi-consubstantielle de la nature humaine. D'autre part, nous sommes dans un
monde où tout change rapidement et où l'interdépendance est incontournable. Il
est donc normal que des tensions apparaissent. Aujourd'hui, pour réussir, il
faut s'adapter au changement et maîtriser l'interdépendance. Dans le cas
contraire, point de salut ! L'Association des Amis de Sainte Victoire n'échappe
pas à ce qui précède ! Et c'est d'autant plus ''complexe'' pour elle, qu'elle
est constituée de bénévoles collaborant depuis quelque temps et de manière
assidue avec des acteurs qui ne le sont pas… Quoi qu'il en soit, ce que vous
avez réalisé en collaboration avec le Grand Site, est brillant ! Nous devons
nous appuyer sur un tel résultat et sur le crédit (acquis depuis fort longtemps
et amplifié encore par les événements récents) qu'il nous donne pour réaliser
les prochains plans qui, pour ce que j'en sais, me semblent
passionnants. »
- « J'ai aussi vécu la "transition"
entre les "anciens" et ce qu'on a appelé les "batisseïres".
Rappelons les faits :
Pendant plus de 25 ans, les
"anciens" n'ont pu venir là-haut que les
dimanches ou pendant certains week-ends, car ils travaillaient tous en
semaine. Il faut donc leur rendre hommage car ce n'était pas facile et il
leur fallait une solide dose de courage pour monter, la plupart du temps à
pied, souvent lourdement chargés. Sans leur opiniâtreté et sans leur foi
inébranlable, le Prieuré n'aurait jamais été réhabilité. De plus, ils
n'avaient de compte à rendre à personne, si ce n'est à l'Architecte
des Bâtiments de France qui se contentait souvent d'une brève description des
restaurations pour donner son accord. Ce n'est donc pas étonnant que les
bénévoles de l'époque considéraient le Prieuré comme leur chose. C'était leur œuvre.
Puis, est venue la période des "Batisseïres"
qui a été fondée par Edmond et moi dans les années 80. Nous étions relativement
nouveaux dans l'association et nous bénéficiions du statut de retraité
qui, par définition, possède du temps libre. De plus, nous étions assez
déçus de constater qu’il n’y avait pas assez de bénévoles actifs. C'est
pourquoi, nous avons institué le travail du jeudi qui nous permettait de
travailler plus facilement en recrutant des "vrais actifs"
retraités...
Mais pendant cette période de renouveau, nous étions
restés relativement libres de faire ce que nous voulions, car aucun organisme
ne nous surveillait ou nous imposait ses idées. C'est donc cette notion
d'indépendance et de possession qui s'était inscrite dans les esprits et qui
fut la plus difficile à combattre.
Et lorsqu' est venue la période où le Grand Site est
arrivé, ce fut la révolution dans certains esprits qui n'avaient pas su évoluer
et qui n'acceptaient pas cette intrusion dans nos affaires. Ils pensaient que
nous allions perdre cette indépendance, voire notre âme. C'est, je crois, tout
à fait compréhensible et il n'est pas étonnant que les polémiques s'installent.
Mais, le mal-être a bien fini par disparaître. »
Ces échanges
montrent que, malgré quelques dissensions bien naturelles, nous formons une
belle équipe encore capable de grandes choses !
Marc Leinekugel
Impressions recueillies auprès de 3
charmantes étudiantes en archéologie à l’issue de la campagne de fouilles de
juin 2009.
Parties pour un stage de fouilles archéologiques, nous
nous sommes embarquées dans une véritable aventure humaine hors du temps et de
nos modes de vie.
La vie au Prieuré s’est déroulée comme une
redécouverte de ce qui nous entoure : découverte des autres tant par la
présence et l’apport de nos aînés que par l’organisation d’une vie en commun.
Mais aussi de la nature environnante, à laquelle il a fallu nous intégrer, et
du paysage exceptionnel qui s’offre à nos yeux à chaque minute.
S’agissant de fouilles, quelle surprise à notre
arrivée de trouver casques et baudriers pour débuter nos premiers coups de
pioches, suspendues dans le vide !
Même si les découvertes archéologiques sont restées
mineures, nous n’oublierons pas la patience de Liliane et la joie de déterrer
nos premiers morceaux de céramiques.
En bref, Sainte Victoire restera un lieu magique où
nous serons heureuses de revenir, et c’est avec grand plaisir que nous pourrons
faire partager cette belle expérience autour de nous.
Aurélie, Valentine et Morgane
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Avant la construction du Prieuré, lors de l’arrivée de
l’abbé Aubert, vers 1651, le site présentait l’aspect d’un vallon descendant en
pente douce, de la chapelle actuelle jusqu’au
niveau du pied de l’arcade devant le logis d’Elzeard. Cet aven se prolongeait
jusqu’au seuil de la grotte,
Nous savons que cette cheminée a été utilisée comme
passage, à plusieurs reprises :
d’abord par les moines qui descendaient au jardin des moines au 17ème
siècle, puis par le frère Elzeard en 1871 et par Maurice Court en 1946. Ce
vallon et cette cheminée sont l’aboutissement d’un processus millénaire
d’érosion du calcaire comme on le voit au Garagaï de Cagolou ou de la Croix de
Provence.
Pour expliquer le comblement, depuis le 18ème
siècle, de cette cheminée, comme nous la connaissions encore en 2006, il a fallu
l’accumulation conjuguée de quelques grosses écailles détachées de la falaise,
des pierres abandonnées après la démolition du monastère, de la terre provenant
de l’éboulement partiel du sol de
l’esplanade, des détritus de générations de randonneurs et du remblaiement
effectué par nos anciens, représentant
au total plus de
Au vu de ce qui a été dégagé récemment de cette fosse,
on imagine que, sans l’action de l’homme, la nature n’aurait pas réussi à elle
seule à combler ce garagaï, pas plus avant le 17ème siècle qu’après.
… Il est donc plutôt vraisemblable d’imaginer que
l’abbé Aubert ait trouvé, dès son installation sur place en 1653, ce garagaï ouvert jusqu’à la grotte, même si
le passage était assez vertical et exigu, au droit de la cheminée.
Pour étayer cette hypothèse, on peut s’appuyer sur la chronologie
des actes notariés de l’époque en écrivant l’histoire ainsi :
L’abbé Aubert décide en 1651, de développer la
fréquentation de
Mais les conditions de réception des fidèles étaient
très sommaires.
Sa première action, pour recevoir les pèlerins dans
des conditions décentes, consistera à reconstruire
L’acte de fondation de 1664 indique que l’abbé Aubert
« a faict reffaire tout de neuf l’ancienne chapelle de Sainte
Victoire, qui estoit tombée d’elle-mesme et a faict eslever le bastiment à plus de quatorze pans d’hault. Et parce que le soleil ny entroit de tout l’hivert, a faict ouvrir la
montagne du costé du midy, voullant opter la grande humiditté et randre, par ce
moyen, le lieu beau et sain, aultant habitable qu’il estoit auparavant
inhabitable. »
Puis, compte tenu de l’exiguïté de cette chapelle
Venture reconstruite, il lança la
création d’une chapelle souterraine, en agrandissant et en cherchant à joindre
les 2 grottes situées au milieu de
Dès 1654, la première grotte est utilisée comme
crypte : « Durant ces travaux,
le 25 octobre 1654, le clergé de Saint-Sauveur, sa musique et les pénitents de
l’observance portèrent une statue de
Notre Dame de la Victoire qu’ils placèrent dans une grotte au-dessous de
l’ancienne chapelle » nous dit l’abbé Constantin.
-L’abbé Aubert écrit encore dans sa déposition de
1671 : « c’est aussi joignant
l’ermitage au midi où la situation estant plus douce et moins froide que ce qui
est déjà bati, le dessain est de batir pour …
tout touchant et confrontant et où j’y
ai entrepris l’ouverture d’une belle caverne dans le rocher pour dessain d’une
chapelle » laissant entendre qu’il avait accès à cette grotte par
ladite cheminée dès 1654.
Mais la rencontre avec un mécène, H. Lambert, vers
1653 et le lancement de la construction de la nouvelle chapelle Sainte Victoire
en 1653 lui fait rapidement arrêter le chantier pharaonique de jonction des
deux grottes :
H. Lambert dit, dans sa fondation du 20 octobre 1665,
« qu’il commença, il y a environ
douze ans, de faire construire et bâtir une église et sacristie »,
soit en 1653
Le cœur de cette chapelle est même terminé en
1658 :
« L’an mil six cent cinquante huit et le quatrième jour du mois de may la
proforme messire Henry de Clapiers de Seguiran, seigneur de Vauvenargues lequel
mû de dévotion envers la très sainte vierge notre dame de la victoire érigée à
la montagne dite de sainte victoire dans terroir dudit Vauvenargues et affin que le divin service fut fait dans
l’église nouvellement construite à
ladite montagne… ».
A partir de cette date de 1658, il est clair que le
projet d’une petite chapelle souterraine n’a plus de raison d’être car la
nouvelle chapelle est opérationnelle.
Pour justifier encore du libre passage dans la
cheminée, en 1659, le « nouveau bail » signé par l’abbé Aubert
concernant le jardin des Moines est explicite :
« L’an mil six cent cinquante neuf et le 8ème jour du mois de février… sachez
tous présents et à venir que constitué en sa personne par devant moy notaire
messire Gaspard de Garnier de Russan
sieur de Rousset et St Antonin sur Baillon lequel en considération de la bonne
intention qu’il a toujours eue pour la
chapelle et hermitage de Ste Victoire vulgairement dite Ste Venture située en
la sommité du roc et montagne qui en porte le nom à l’extrémité du terroir de Vauvenargues
faisant la dite montagne de toute ancienneté séparation d’entre le terroir de Vauvenargues
d’avec d’iceluy dudit St Antonin de levant à couchant demeurant toute l’eau
pendant d’icelle vers le midy terroir dudit St Antonin et du septentrion dudit
Vauvenargues ayant puis quelques années
étant fait par quelques personnes affectionnées audit hermittage et par l’entremise
et soing de messire Jean Aubert prêtre du lieu de Cotignac une ouverture au dit roc du coté du midy à l’endroit où est à présent la chapelle
pour la salubrité de l’air et commodité de ceux qui y résident par laquelle on descend avec une échelle
dans certaine contenance de terrain située dans le dit roc et montagne, terroir
de St Antonin »
Le parapet de la brèche est terminé en 1663.
Le Monastère, et donc le mur de soutènement de
l’esplanade, est terminé en 1664 pour
l’arrivée des frères Carmes au Monastère.
C’est sans doute à cette époque que l’abbé Aubert
élargit le passage en haut de la cheminée, en creusant dans le substrat pour
aménager l’escalier partant de l’esplanade et construire les deux murs de
soutènement de la terrasse qui va recouvrir la fosse.
Cette terrasse est alors construite, après 1664, dès que le Monastère est terminé.
_fichiers/image027.jpg)
La juxtaposition de tous ces textes notariés et
contemporains donne une certaine crédibilité à l’hypothèse d’une libre
circulation dans ce garagaï du Prieuré depuis la nuit des temps, mais ceci
n’entraîne que la responsabilité de son auteur…
Marc
Leinekugel
Ballade des Amis de Sainte
Victoire
Bienvenus les
Amis de tous pays,
Au prieuré arrivés, vous voici.
Admirez ce site
par des moines construit
Et par nous restauré
aujourd'hui.
Franchissez ce porche par deux Saints gardé.
Imprégnez-vous de l'esprit du temps passé.
Marchez sur cette calade pour vous refaite
Initiés pour la faire par René Sette.
Enthousiastes et généreux vous pouvez
Aux Amis de Sainte Victoire adhérer.
Dans le rocher une brèche taillée,
Aux rayons solaires
permet de passer.
Un cèdre majestueux et cinquantenaire
Fièrement se dresse et abrite ce sanctuaire.
Sainte Venture
une chapelle du moyen âge
Adossée dans le roc méridional se cache
Et à sa recherche nous nous consacrons.
Creusant et remontant pierres et moellons
Enthousiastes et généreux vous pouvez
Aux Amis de Sainte Victoire adhérer.
Dans la falaise à quinze mètres sous la brèche,
Une ancienne grotte a été retrouvée
A proximité du Jardin des Moines.
Et avec la fosse elle communiquait
Permettant ainsi le passage des moines.
Bouchée et comblée par sécurité
Elle permet, aujourd'hui fouilles et recherches,
Livrant à Liliane l'histoire du passé.
Avec tous les Bénévoles passionnés
Elle fouille inlassablement, sans arrêt.
Enthousiastes et généreux vous pouvez
Aux Amis de Sainte Victoire adhérer.
Henri Imoucha, MERCI
grâce à toi,
Il y a un demi-siècle déjà
Pour restaurer et faire vivre ce site,
Les amis de Sainte Victoire tu créas.
Aujourd'hui animés
par la même foi
Nous les "batisseîres" à ta suite
Fidèles vois-tu chaque
jeudi nous sommes là.
Enthousiastes et généreux vous devez
Aux Amis de Sainte Victoire adhérer.
POINT
SUR NOS RECHERCHES
BIBLIOGRAPHIQUES
Pourquoi ces recherches ?
Restaurer, entretenir, mettre en valeur, embellir un
site sont des tâches dignes d’intérêt ou d’admiration. Mais ce n’est pas tout
car, pour bien apprécier un site, il faut aussi en connaître l’histoire,
essayer de comprendre pourquoi et comment il a été créé et quelles ont été les
motivations de ses fondateurs.
En ce qui concerne le Prieuré de Sainte Victoire, nous
connaissons une partie de son histoire, mais pour tenter de mieux la comprendre
et d’éclaircir certains aspects qui sont encore dans l’ombre, nous nous sommes
penchés, Marc Leinekugel,
D’abord, disons toute l’admiration que nous avons
envers ces deux personnages, qui ont certainement consacré de nombreuses heures
à effectuer des recherches dans les bibliothèques ou les archives de
Aujourd’hui, la recherche de ces documents est grandement facilitée. Modernisme oblige,
grâce à cet outil irremplaçable qu’est l’informatique, ils sont tous
répertoriés, entreposés au même endroit et classés selon des méthodes très
précises. Si on en possède la référence (la « cote »), il est aisé de les retrouver. Ils sont alors
consultables sans difficulté et il est possible de les photographier sur place,
ce qui permet leur examen chez soi, en
toute tranquillité sur son ordinateur. C’est beaucoup plus confortable.
Nous avons été cependant confrontés à plusieurs difficultés.
La première concerne les documents eux-mêmes. Ils sont regroupés par année et
par notaire et sont reliés ensemble de façon très rustique, parfois sur
Enfin, et ce n’est pas la moindre des difficultés, ces
textes notariés étaient rédigés la plupart du temps dans un langage, qui leur
était propre et qui n’a plus cours aujourd’hui, sans parler de l’orthographe
assez fantaisiste des clercs chargés de
la rédaction ou de la copie des textes. Ajoutons à cela, le vocabulaire et les tournures
de phrases qui rendent parfois les textes sinon incompréhensibles, du moins peu
aisés à déchiffrer. Citons par exemple, des phrases extrêmement longues,
s’étalant sur plusieurs pages et
tellement ambigües, qu’on a du mal à en discerner le sens et à en trouver
Si nos notaires d’aujourd’hui ont fait de notables
progrès, ils n’ont pas encore perdu complètement leurs vieilles habitudes et
leurs documents sont souvent difficiles à comprendre !
Enfin, cerise
sur le gâteau, les écritures étaient, elles aussi, très fantaisistes, comprenant
de nombreuses volutes dignes des enluminures que l’on voyait sur les manuscrits
du Moyen Age. Ces « fantaisies » étaient sans doute la marque
personnelle du notaire ou de son clerc. Admirons au passage les signatures qui
sont de véritables œuvres d’art, comme en témoigne l’exemple ci-contre.
Tout ceci pour dire que la lecture et l’interprétation
(j’allais dire la traduction) de ces documents n’est pas chose aisée pour des
personnes non initiées. Nous y avons passé beaucoup de temps, mais avec un peu
d’habitude et beaucoup de fatigue oculaire,
nous avons quand même réussi à déchiffrer l’essentiel des documents
retrouvés aux archives départementales. Quelques mots ou même certaines
portions de phrase n’ont cependant pu
être traduits, ce qui laisse des « blancs » dans la transcription,
mais nous avons pu dégager le sens général du texte et confirmer
ainsi ce que l’Abbé Paulet et Maurice Court avaient eux-mêmes réussi à
déchiffrer.
Un dernier point concernant l’utilisation de
l’informatique. Grâce aux talents indéniables de Marc dans ce domaine, après
que nous ayons photographié tous ces documents
et après qu’il les ait transposés
sur ordinateur et les avoir agrandis, il a inclus en couleur, entre chaque
ligne, la traduction correspondante. Ce procédé facilite la relecture et
surtout l’exploitation ultérieure des passages essentiels. Vive l’informatique
!
La première phase de l’étude dont il vient d’être
question concerne donc les documents du
XVII ème siècle dont nous avons eu connaissance grâce aux travaux de l’abbé Paulet et Maurice Court.
Mais sommes-nous sûrs que ces documents soient les seuls qui concernent le
Prieuré ? Y en a-t-il d’autres qui dorment ici ou là ?
En effet, nous avons pu constater, en examinant
succinctement l’énorme quantité de
textes entreposés aux archives départementales, qu’au XVII ème siècle les gens
étaient extrêmement méticuleux et qu’ils passaient volontiers devant notaire
pour faire établir toutes sortes de
documents, car en dehors des textes vraiment importants tels que donations, prêts, testaments, constructions,
baux etc… beaucoup nous paraissent
d’intérêt mineur ou même futiles et nous ne les ferions certainement pas aujourd’hui. Et si pour le
prieuré nous avons pu avoir connaissance de textes concernant les donations de
terres, les conventions passées entre les fondateurs et les moines, ce qui est
normal, par contre beaucoup de passages sont consacrés au nombre et au coût des messes qui devaient être dites pour le repos
de l’âme de tel ou tel personnage ou aux
sommes destinées à l’achat de vêtements.
Le mobilier destiné à l’usage du prêtre était aussi comptabilisé avec
grande précision, etc…L’abbé Aubert a été très pointilleux à ce sujet et il a
su préserver son avenir de façon extrêmement précise. Ce qui nous paraît être
des détails devait être considéré comme important à l’époque.
Par contre, chose
étonnante, pratiquement aucun texte ne précise la façon dont le Prieuré
a été construit, qui en a été l’architecte, quels ont été les moyens matériels
et humains utilisés, comment les matériaux et matériels ont été acheminés,
comment ils ont été commandés aux artisans de la région, etc… Ceci est très
surprenant de la part de gens si méticuleux et nous nous posons beaucoup de
questions quant à l’existence d’autres textes qui pourraient mieux nous
éclairer. S’ils existent, où sont-ils ? Comment les découvrir ? Il
serait donc très important de pouvoir les trouver et les interpréter.
Pour répondre à ces questions, la solution serait qu’un paléographe spécialiste
en écriture du XVII ème siècle, puisse aller consulter tous les documents
(notariaux ou autres) de cette époque
qui sont entreposés aux archives départementales ou dans des bibliothèques, puisse les identifier et en dresser la liste
de façon à pouvoir les exploiter. Nous sollicitons donc la ou les
personnes qui, ayant suffisamment de
temps et de compétences, pourrait effectuer ce long travail de recherches. Par
exemple, un étudiant en histoire ne
pourrait-il pas consacrer une thèse à ces recherches ?
Ce qui vient d’être dit concerne le XVII ème siècle.
Mais pour les périodes qui l’ont précédé, et plus particulièrement les XII ème
ou XIII ème siècle, époques à laquelle l’ancienne chapelle Venture a été
probablement construite, nous n’avons aucun document susceptible de nous
éclairer sur la construction et
l’emplacement de cette chapelle. A noter
que les textes du Moyen Age sont encore plus difficiles à consulter que ceux du
XVIIème et même si on peut soupçonner leur existence, nous sommes dans l’impossibilité
de les identifier et de les lire car ils exigent des connaissances très
particulières du vocabulaire et des écritures
de ces époques.
Il serait donc particulièrement intéressant que ce
travail de recherche puisse être étendu aux 12 ème ou 13 ème siècle. Là encore,
nous faisons un appel à ces spécialistes. Qui l’entendra et qui voudra bien
nous répondre ?
Jean Cathala
Après 3 années de fouilles archéologiques sans trouver
le moindre vestige de cette chapelle supposée du Moyen-âge, on peut se poser
quelques questions : cette chapelle a-t-elle vraiment existé ? Et, si
oui, pourquoi n’a-t-on rien trouvé ? Les participants à la dernière
campagne de fouilles de juin 2009 sont très déçus de n’avoir rien découvert de
cette chapelle : aucune trace de construction antérieure au 17ème
siècle !
Et pourtant des textes notariés anciens prouvent
l’existence de cette chapelle Venture:
- En 1251, on a
trace de fonds collectés de
- Depuis 1546,
il est fait état du pèlerinage des Pertuisiens.
- Le 23 février
1572, des notaires de la ville d’Aix se réunissent dans ladite chapelle «considérant
le peu de commodité dudit édifice » et font des dons pour entreprendre des
réparations.
- Vers 1660,
Honoré Bouche, dans la « Chorographie et l’Histoire de la Provence »,
écrit : « au sommet (de la
montagne) il y a une petite cour verdoyante toute environnée de roches
escarpées, excepté à une fente par laquelle on y entre et, à l’extrémité de cette cour, un ermitage
fort solitaire qui n’a pourtant point été déserté jusques à maintenant de
quelques personnes pieuses et dévotes qui y ont vécu austèrement et fait
pénitence ».
- Le 29 Février
1664, H. Lambert , dans l’acte de fondation au couvent des Carmes remonte beaucoup
plus loin : « Comme soit que
dans le terroir de Vauvenargues, diocèse de cette ville d’Aix, y ayt une haulte
montagne, appellée vulgairement Saincte Venture et advant le crestianisme le
rocher de la Victoire, à cause d’une dévoction qu’il y avait d’une déesse
fausse divinitté des payens, au sommet
de laquelle les premiers chrétiens avaient faict bastir une chapelle appellée
Sainte Victoire, après avoir abattu celle desditz payens, y ayant heu
plusieurs hermittes quy, ayant faict dessein d’y faire leur résidence,
n’auroient peu y demurer à cause de l’aspretté et rigueur du lieu, manque d’eau
et de logement, enssemble des grandz
vantz et incommodittés qu’y s’y trouvoient, ayant tous esté constraindz
de desloger »
Mais, cette chapelle Venture, du temps de l’abbé
Aubert se trouvait dans un état de délabrement total que les textes de
l’époque décrivent très clairement :
- En 1664, H.
Lambert précise qu’il « a fait refaire tout de neuf l’ancienne
chapelle de sainte Victoire qui était tombée d’elle-même »
- En 1671, Jean
Aubert écrit : « je y en ai
fait ériger par mes soins, peines et industries
celle de nostre dame de Victoire pour la convenance du nom, renouvelé la première et restaurée laquelle
ainsi escartée estoit continuellement toute ouverte et come en ruine faute
d’estre soignée et qu’on estoit annuellement en juste scrupule d’y célébrer
la messe le jour de la feste 24 avril , la procession dudit Vauvenargues y
arrivant à cause qu’elle restoit libre à diverses hasards et que les bergers la profanaient continuellement come
une estable par leur bêtes d’arrérage qu’elle estoit si pauvre qu’il n’y avoit pas
seulement une nape ni pierre sacrée et … à cause qu’elle restoit ainsi profanée et
qu’il y pleuvait et passaient les vents partout , on avoit basti au dehors un
autel pour y célébrer que j’abatis après avoir tout … remis, on y confessait sur quelques pierres à
plat terre pour tribunaux ».
- L’abbé Paulet
écrit encore en 1905 : « De plus, la chapelle de Sainte Victoire,
tombée d’elle-même, n’était plus qu’un monceau de ruines au XVI ème siècle ».
Après avoir relu tout cela, on comprend mieux qu’on ne retrouve aucun indice
antérieur au 17ème siècle :
Dans les années 1650, l’abbé Aubert a reconstruit
entièrement
Cette hypothèse donne alors une raison d’être à ce mur
voûté qui serait le vestige de la nef de cette nouvelle chapelle et à cette arcade du 17ème siècle
qui a dû servir d’entrée dans
C’est ainsi qu’en 1806, le chroniqueur Roux Alphérand,
déclare avoir vu: la terrasse, le parapet de la brèche et cette nouvelle
chapelle souterraine: « en avançant
au midi, on a construit une terrasse qui termine la cour et au bout de laquelle
est un balcon en pierres qui joint les deux rochers taillés à pic, à une
hauteur effrayante. Sous cette terrasse
est une chapelle voutée qui reçoit du jour par une trappe dans la terrasse. ».
Deux tableaux de l’époque font apparaître très
nettement ce puits de lumière et on s’aperçoit qu’il est effectivement dans
l’axe de cette chapelle, derrière l’arcade.
Ce qui embrouille notre compréhension, c’est
l’enchevêtrement de bâtis qui ne peuvent s’expliquer que par un étalement dans
le temps, en fonction de l’état d’avancement de la construction du
Prieuré : une dizaine d’années après la reconstruction de
Puis, on eut l’idée, avant l’arrivée des Camaldules en
1681, de créer un accès direct des cellules des moines, par le cloître, vers la grotte et le jardin des Moines en
bâtissant un escalier, le long du mur Sud du Monastère, qui allait s’appuyer
sur les restes de la voûte de
Alors, oui
Marc Leinekugel
IL FAUT SAUVER LE FRERE GREGOIRE
Une
chandelle diffuse une faible clarté dans le monastère, là haut au Prieuré. Le
jour va se lever et déjà règne une certaine agitation parmi la petite
communauté. L’inquiétude est palpable : le frère Grégoire a passé une très
mauvaise nuit : il est malade ! Etienne-Marie, le frère infirmier, ne
quitte pas le chevet du plus jeune des moines. Celui-ci, les yeux brillants de
fièvre, transpirant ou grelottant, ne cesse de s’agiter sur la couche de sa
petite cellule. Ses compagnons l’entourent ; personne n’ose exprimer une
pensée commune à tous. Et si c’était la peste, puisqu’il faut l’appeler par son
nom ? Ce terrible fléau a ravagé plusieurs fois la Provence et vient de
sévir à Londres. Etienne-Marie, après avoir examiné soigneusement le jeune
moine, rassure les autres : il n’y a pas de bubons sous les aisselles et
autres symptômes alarmants. L’atmosphère se détend à peine. La maladie est une
hantise à cette époque-là. La peste reviendra en Provence et ravagera le pays.
Un navire marchand la rapportera d’une des Echelles du Levant* en 1720.
Le
Prieur demande aux moines d’aller implorer
Pendant
ce temps, Etienne-Marie réfléchit au traitement à appliquer. Ce moine, issu
d’une famille aisée d’Aix en Provence, a pu payer ses études de médecine à la
faculté de Montpellier, cette dernière étant à la pointe de cette discipline.
Après trois années passées à étudier, Etienne-Marie s’en est revenu, plein
d’usage et raison, dans sa bonne ville.
Et avec beaucoup d’abnégation, il a mis ses connaissances au service de son
prochain. Rentré dans les Ordres, il a visité monastères et couvents pour
soigner religieux et indigents recevant asile. Sa vie exemplaire et ses
qualités professionnelles ont été remarquées par Monseigneur l’Archevêque d’Aix
qui a décidé de le nommer en tant qu’infirmier, là-haut au Prieuré, sachant
qu’en ce lieu éloigné et difficile d’accès, on nécessitait un homme sage et
compétent. Le bon frère infirmier n’utilisera pas, pour guérir Grégoire, les pratiques
de la médecine d’alors ; il ne pratiquera pas la saignée ou l’administration
d’un clystère, toutes les deux affaiblissant considérablement le patient.
D’autant plus que ce dernier ne vomit pas ou ne présente pas de dérangement
intestinal. Mais il s’agit de faire tomber cette forte fièvre.
Dans
sa cellule, Etienne-Marie a rangé soigneusement des bocaux étiquetés et contenant
des plantes médicinales : feuilles d’olivier, thym, sauge … qu’il prend
soin de renouveler de temps à autre. Pour soigner Grégoire, il va lui donner
une décoction de feuilles d’olivier, assez bon fébrifuge. Mais là-haut, la
pharmacopée est limitée, les conditions climatiques ne permettant pas la
culture de toutes les plantes utiles à
La
fièvre de notre malade a quelque peu faibli et il somnole. Les autres moines se
sentent un peu rassurés. Cependant, pour le frère infirmier, il faut rester
vigilant. Effectivement, alors que le soleil commence à raser l’horizon au
Ponant, le frère Grégoire s’agite à nouveau et force est de constater qu’il est
à nouveau sous l’emprise de
Un
soleil printanier éclaire le sommet des falaises qui surplombent l’esplanade.
Etienne-Marie présente un visage plus détendu : son patient semble aller
mieux, mais il est très faible. Il ne pourra reprendre son travail avant
quelques jours. Les autres moines, lors des offices religieux, ont rendu grâce
à la Vierge pour ce début de guérison. Mais il s’agit de rendre ses forces au
malade. Le meilleur des moyens est de lui donner du bouillon de poule, des œufs
et du lait. Effectivement, le frère Grégoire quelque temps après a pu reprendre
son travail de bûcheron au sein de la communauté.
Ainsi
va la vie, faite d’inquiétudes et de joies, pour les bons moines du Prieuré,
comme ailleurs et au cours des temps passés et à venir.
*Les Echelles du Levant désignaient les ports de la
Méditerranée orientale
*Les simples : plantes médicinales Jacques Deburghgraeve
_fichiers/image031.jpg)
En dehors des
chiens de toutes races, certains jours, les animaux qui posent le pied (la
patte) sur notre calade sont plutôt rares : de temps en temps quelques ânes ou
mulets, des lamas (des vrais !), des oiseaux et sans doute quelques petits
animaux sauvages, à la nuit tombée, ou même un sanglier audacieux ?
En revanche,
dans le ciel de notre Prieuré, c'est un défilé permanent ou presque, d'animaux
en tous genres : du Lama et de l'Alouette au Tigre, il s'agit des hélicoptères bien
sûr. Et, en ce début du 21ème siècle, l'honneur revient incontestablement à
l'Ecureuil; car c'est lui qui assure le transport des équipements et matériaux
nécessaires à la réalisation de nos chantiers. On peut donc lui accorder les
quelques lignes qui suivent.
Qui est-il ? Il est en fait le successeur de l'Alouette
3 - dont le dernier exemplaire de la Sécurité civile vient d’entrer au Musée,
comme on vient de le voir à la télévision.
Né dans les années 70, il est conçu pour être par
rapport à son prédécesseur,
"l'hélicoptère plus": plus simple, plus performant, plus
aérodynamique et surtout plus économique (prix et coût de fonctionnement), ce qui lui vaut son nom de
baptême.
Ceci est obtenu entre autre par l'évolution de la
technologie (matériaux, emboutissage, réduction du nombre de pièces) et aussi
par l'emprunt à l'industrie automobile, notamment les méthodes de travail
(chaîne) et certaines pièces (non vitales). C'est ainsi également qu'il est
équipé d'un rotor de queue classique, et non du "fenestron" réservé
aux machines plus élaborées.
Voici donc la
naissance du nouveau produit de la SNIAS
(devenue EUROCOPTER), en quelques chiffres (selon versions):
- 5 places dont un pilote
- poids maximum : 2,8 tonnes
- charge transportable à l'élingue (câble de plusieurs
dizaines de mètres accroché sous l'appareil ) - "sling" en anglais
:1,4 tonnes
- vitesse
maximum : 15O...noeuds (280 km/h)
- clients français : gendarmerie, EDF, armée
française, privés...
Depuis le début, il a été vendu dans le monde entier à
quelques milliers d'exemplaires, aussi bien en mono qu'en bimoteur (turbines).
Francis
Capron
POETES ET PROSATEURS DE SAINTE VICTOIRE
De nombreux romanciers ont
magnifié Sainte Victoire. Citons-en quelques uns :
- Bruno Durand, lauréat des
jeux floraux du Félibrige en 1913, écrivit une plaquette sur Sainte Victoire en
1965 et préfaça le guide de Sainte Victoire d’Henri Imoucha.
- Emile
Zola, grand marcheur et amoureux de Sainte Victoire écrivit :
« Autour
d’Aix la romaine, il n’est pas de ravins
Pas
de rochers perdus au pendant des collines,
Dans
la vallée en fleurs, pas de lointains sentiers
Où
l’on ne puisse voir l’empreinte de mes pieds. »
- Frédéric
Mistral, a chanté Saint Ser en un cantique émouvant :
« San Ser dou mondo si ritiro « St
Ser du monde se retire
Dinsuno
baumo de Roucas Dans
une grotte escarpée
La
pas di Dieu aqui respiro La
paix de Dieu ici respire
Entre
li pins é li blancas » Entre
les pins et le calcaire »
. -
Joseph d’Arbaud :
Et toi cœur de la campagne aixoise,
temple et autel, esprit et roc :
Sainte Victoire explique la méditation
d’un Vauvenargues, l’éloquence d’un Mirabeau, l’art d’un Cézanne, le lyrisme
d’un Joachim Gasquet.
- Charles
Mauras :
« Les plus anciens habitants du
pays avaient commencé à l’appeler « Venturi », autrement dit,
peut-être, l’autel et le trône des vents. »
- Edmonde
Charles-Roux :
« Au-delà du bayon, Sainte
Victoire, bloc fondamental, se dresse insensible, semble-t-il, aux caprices des
saisons. Rien d’éphémère ne la touche… »
- Paul
Souchon : (extrait des « Chants du stade ») :
« Regarde, dit-elle, regarde ce triangle dressé, là- bas au fond du ciel
C’est
le sommet de la victoire, le nid éblouissant de la foudre et du jour,
L’astre
divin de la Provence. »
- René
Jouveau :
« Paul Cézanne l’aima comme on aime une femme
En
robe de parade au jour de ses vingt ans
Elle
fut à ses yeux les « personnes » du drame
Avec
leurs beaux noms grecs et leurs âmes d’enfant.
Sous
la moire bruissante et douce de sa robe
Pour
lui refleurissaient les reines d’autrefois
Avec
leur jeune chair, candide comme l’aube
Et
leurs beaux yeux mêlés de tendresse et d’effroi. »
- Enfin,
citons aussi le merveilleux livre de Jacqueline de Romilly et de bien d’autres
encore, je ne peux tous les nommer ... Peut-être dans un prochain bulletin
Simone
Revalor
Pour mieux couvrir le territoire dans sa lutte contre
les incendies, le Conseil Général voulait déplacer la vigie de la Croix, sur la
crête, près de l’arrivée du tracé jaune à l’Ouest du Prieuré.
En 2006, un appel d’offres fut lancé pour construire
une vigie escamotable, avec un local d’habitation enterré, mais pour des
raisons financières ce projet ne put aboutir.
Le
Conseil Général a alors décidé de réaménager la vigie actuelle, à côté de la
Croix de Provence, en conservant le local d’habitation en contrebas.
Les travaux ont été réalisés ce printemps et cette
cellule de guet est opérationnelle depuis fin Juin :
Cette cellule, fixée par des points d’ancrage
métalliques, est constituée de 23 éléments en acier boulonnés entre eux lui
permettant d’être montée et démontée, chaque été, par les pompiers qui la remiseront dans le
local d’habitation, en dehors de la période estivale. Elle sera utilisée de fin
juin à fin septembre.
Les décombres de l’ancienne vigie qui a été démontée,
ont été héliportés dans la vallée.
Apprécions que cette vigie ne soit plus visible que 3
mois par an, mais on peut regretter qu’elle se détache encore plus que
l’ancienne dans le ciel, au voisinage de la croix !
L’idée de prévoir son démontage et son entreposage
dans le local de vie voisin est de bon sens, plutôt que de prévoir son
héliportage dans la vallée en fin de saison !
On peut aussi espérer qu’un jour le local de vie,
repeint d’une couleur un peu violente, soit enterré, comme il était prévu dans
le premier projet !
Sauveur
Mamo
Le Conseil Général a
commencé la remise en valeur du hameau du Trou du 17ème siècle, près
du refuge Cézanne, à 20 mn à pied du parking du Plan d’Enchois.
Il a confié cette tâche
à l’architecte Xavier Boutin.
Le défrichage des
accès a été réalisé et, entre le 8 et le 18 juin, des sondages archéologiques,
menés par l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives),
ont eu lieu sur le site afin de dater les diverses structures mises au
jour : le sol carrelé de la chapelle retrouvé à
Un projet de
consolidation et de réhabilitation des ruines sera proposé par
Il aura pour objectif de
valoriser le site, annihilant en priorité
les dangers que représentent les ruines de la Chapelle.
La restauration des
accès signalés de manière minimaliste, et la consolidation des divers vestiges
en sont le parangon. La voûte en ruine de la Chapelle, encore carrelée dessus
prouvant l’existence d’un étage, et menaçant de s’écrouler, a été provisoirement
renforcée à l’aide d’étais métalliques.
Les visiteurs pourront
bientôt, en se promenant au milieu des
vestiges de cette Chapelle et des fermes, imaginer la vie de ce hameau encore
habité il y a moins de 100 ans !
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Audrey
Deleuze
Notez sur
vos agendas :
Dimanche
25 avril 2010 : Le Roumavagi
Samedi
8 Mai 2010 : Journée Oecuménique
Samedi
26 juin 2010 : Les feux de la St
Jean
Comité de rédaction :
Association
des Amis de Sainte Victoire
Cotisation annuelle : Minimum 10€
Permanence : le mercredi après-midi, Le Ligourès
Tél. 06 09 09 24 65 ou 04 42 17 97 03
Siège social : Les Amis de Sainte Victoire – Maison de
la vie associative
Le Ligourès –
Place Romée de Villeneuve – 13090 Aix-en-Provence
Site
internet : http://www.amisdesaintevictoire.asso.fr
Email : rs@amisdesaintevictoire.asso.fr
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Conférence
après l’Assemblée Générale du 19 Mars 2009
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« Le
Prieuré en musique » – 20 Juin 2009